Vous préparez vos recrutements du dernier trimestre. La question est simple : le marché s’est-il détendu, ou faut-il rester offensif ? La réponse tient en une phrase. Les volumes repartent à la hausse, mais trouver le bon candidat n’est pas devenu plus facile pour autant. On décortique l’état des lieux à la rentrée, secteur par secteur, et ce que ça change pour votre façon de recruter.
1. Deux années de recul, un rebond attendu en 2026
Les chiffres de l’Apec posent le décor. Les entreprises françaises ont recruté 294 500 cadres en 2025, soit une baisse de 3 % sur un an.
La chute est moins brutale qu’en 2024, où le recul atteignait 8 %. Mais le cumul reste lourd : le marché a perdu 11 % par rapport au record de 2023, qui culminait à 330 400 recrutements.
Pour 2026, l’Apec prévoit 305 800 recrutements de cadres, soit une hausse de 4 % et un retour au-dessus du seuil symbolique des 300 000 embauches. La prévision repose sur un signal concret : après deux années de stagnation, l’investissement des entreprises repartirait de 1,2 %.
2. Une reprise réelle, mais fragile
Le baromètre Apec du deuxième trimestre appelle à la prudence.
La part des entreprises ayant de la visibilité sur leur activité à court terme est tombée à 57 %, en recul de 7 points en un seul trimestre. Les intentions d’embauche fléchissent : 48 % dans les grandes structures contre 51 % au trimestre précédent, 12 % dans les PME contre 16 %.
L’Apec identifie clairement le facteur de risque : le conflit armé au Moyen-Orient, dont les effets sur les prix de l’énergie et les taux d’intérêt pourraient enrayer la reprise.
Nuance importante toutefois. Ces intentions restent supérieures à leur niveau de septembre 2025 dans les grandes structures, 48 % contre 43 %. La reprise n’est pas annulée, elle est prudente.
3. Les secteurs qui recrutent vraiment
Les services à forte valeur ajoutée repartent. Après deux années de baisse cumulée de 21 %, ce secteur clé prévoit 166 000 recrutements de cadres, soit une progression de 6 %. Dans le détail :
- Banque-assurance : +9 %
- Ingénierie et R&D : +7 %
- Conseil : +6 %
- Activités informatiques : +5 %
- Communication et médias : -2 %, seule composante encore en recul
L’industrie retrouve des couleurs avec 40 950 recrutements prévus, en hausse de 3 %. La dynamique vient surtout de l’automobile, l’aéronautique et les matériels de transport (+12 %), portés par des carnets de commandes très fournis, ainsi que de l’énergie et des équipements électriques (+7 % chacun).
La construction poursuit son redressement avec une hausse de 3 %.
Le commerce reste en difficulté avec un recul de 2 %, la distribution spécialisée souffrant particulièrement (-3 %).
Côté territoires, l’Île-de-France concentre à elle seule près de la moitié des recrutements avec 143 160 embauches prévues, en hausse de 5 %. L’Occitanie affiche la plus forte progression (+6 %) portée par l’aéronautique, suivie des Pays de la Loire (+5 %).
4. Trois fonctions concentrent la moitié du marché
En 2026, trois fonctions représentent à elles seules plus de la moitié des recrutements de cadres prévus.

Les cadres informaticiens restent les profils les plus recherchés, avec une progression de 4 %. L’Apec cite trois moteurs : la transformation digitale, le renforcement de la cybersécurité et la montée en puissance de l’intelligence artificielle.
Les cadres commerciaux représentent 17 % de l’ensemble des recrutements prévus. Dans un contexte de redressement, les entreprises cherchent à consolider leurs équipes pour accompagner la reprise de l’activité.
5. Deux vitesses : les métiers qui résistent et ceux qui décrochent
Une seconde étude de l’Apec, consacrée aux métiers cadres porteurs, analyse cette fois les offres d’emploi publiées sur apec.fr. Elle révèle un marché à deux vitesses.
En 2025, le volume global d’offres cadres a reculé de 15,5 %. Mais dans le même temps, 17 métiers ont progressé de 11 %. L’Apec les surnomme les métiers « Formule 1 ».
Autrement dit, l’écart entre les métiers qui décrochent et ceux qui accélèrent atteint 26 points. Le marché ne baisse pas uniformément, il se polarise.
Parmi les métiers Formule 1 qui concernent nos verticales :

À l’inverse, plusieurs métiers à fort volume reculent nettement : contrôleur de gestion (-26 %), chef de projet informatique (-23 %), développeur (-20 %).
Le conseil KatchMe : un métier en recul de volume d’offres n’est pas un métier facile à recruter. C’est souvent l’inverse. Moins d’offres publiées signifie souvent que les entreprises passent par la chasse directe plutôt que par l’annonce.
6. Le vrai signal : l’expérience prend toute la valeur
C’est la donnée la plus révélatrice de l’étude, et elle change tout pour votre stratégie de sourcing.
En 2026, les intentions de recrutement de cadres ayant 6 à 10 ans d’expérience progressent de 16 %. Sur la même période, les profils de moins de 6 ans d’expérience ne gagnent que 1 %.
Autrement dit, la reprise ne profite pas à tout le monde. Les entreprises hésitent encore à recruter des débutants et privilégient des candidats opérationnels.
Le conseil KatchMe : si vous ciblez des profils de 6 à 10 ans d’expérience, vous êtes sur le segment le plus disputé du marché. Ces candidats reçoivent plusieurs sollicitations par mois. Votre offre ne les atteindra pas, votre approche directe si.
7. Le paradoxe candidat : peu de mouvement, beaucoup d’envie
Les intentions de mobilité à court terme des cadres sont retombées à 12 %, en recul de 2 points. La confiance dans l’économie française s’établit à 21 %, en baisse de 10 points sur deux ans. Les cadres ne bougent pas.
Mais à moyen terme, le tableau s’inverse. 40 % des cadres envisagent de changer d’entreprise dans les 12 mois, en hausse de 3 points. Chez les moins de 35 ans, cette proportion grimpe à 61 %.
Le vivier existe donc, et il est important. Mais il ne postule pas. Il attend.
8. CDI et freelance : deux marchés à regarder ensemble
Raisonner uniquement en CDI revient à ignorer une partie du terrain.
Selon l’Insee, 4,3 millions de personnes exerçaient une activité non salariée en France fin 2024. Hors agriculture, le nombre de non-salariés classiques a progressé de 0,7 % sur l’année, soit une quatrième année consécutive de hausse.
Ce périmètre couvre l’ensemble des indépendants, bien au delà des seuls profils tech ou finance. Mais la tendance de fond est claire : le travail indépendant s’installe durablement.
Pour une direction qui recrute, cela ouvre une alternative concrète. Le CDI reste adapté aux postes structurants et au pilotage dans la durée. Le freelance répond aux chantiers ponctuels, aux expertises rares et aux besoins urgents.
Un exemple : une migration liée à la facturation électronique se traite bien en mission freelance. Le pilotage durable de la conformité justifie un CDI.
9. Trois tendances qui changent le sourcing
L’IA redessine les compétences attendues
Entre 2022 et 2025, les offres d’emploi cadre de la fonction commerciale mentionnant l’intelligence artificielle ont progressé de 62 %.
Le phénomène touche toutes les fonctions. L’IA absorbe les tâches répétitives et redéploie la valeur vers l’analyse et la décision. Vos fiches de poste doivent évoluer plus vite que vos organigrammes.
Les profils hybrides deviennent la cible prioritaire
Les candidats qui combinent expertise métier et maîtrise des outils data sortent nettement du lot. En finance, leur prime salariale se situe entre 10 et 25 % par rapport à un profil classique.
Ces profils sont rares et courtisés. Ils ne répondent pas aux annonces.
La transparence salariale arrive
La directive européenne sur la transparence des rémunérations n’est pas encore transposée en droit français. Son entrée en vigueur est aujourd’hui visée pour 2028.
Anticiper ne coûte rien et rapporte beaucoup. Les entreprises qui structurent dès maintenant leurs grilles éviteront un chantier lourd, et gagnent déjà en crédibilité auprès des candidats.
10. La conséquence : il faut être plus précis
Le marché n’est ni en reprise franche, ni en crise. Il est sélectif. Et cette sélectivité impose un sourcing plus fin.
Le problème n’est pas le volume de candidatures. Parmi les entreprises ayant rencontré des difficultés de recrutement cadre en 2025, 75 % évoquent un décalage entre les candidatures reçues et les profils recherchés. Recevoir des CV n’est pas le sujet. Recevoir les bons, si.
Le sourcing passif ne suffit plus. Quand seuls 12 % des cadres sont en mobilité active, publier une offre revient à s’adresser à une fraction du marché.
Pourtant, les entreprises sont moins offensives. L’approche directe n’est plus utilisée que par 63 % des entreprises ayant recruté au moins un cadre en 2025, contre 66 % l’année précédente selon l’Apec. Elles lèvent le pied au moment précis où il faudrait accélérer.
Le conseil KatchMe : avant de publier une offre, posez-vous une question simple. Le profil que je cherche lit-il des annonces en ce moment ? Si la réponse est non, votre budget de diffusion est mal employé. Mieux vaut investir dans l’identification et l’approche.
11. Ce que ça signifie sur nos quatre verticales
- IT et Tech. L’informatique reste la première fonction en volume avec 61 160 recrutements prévus, en hausse de 4 %. Le secteur des activités informatiques progresse de 5 %. La tension se concentre sur les expertises cloud, data et cybersécurité, et sur les profils de 6 à 10 ans d’expérience.
- Digital. La communication et les médias sont la seule composante des services à forte valeur ajoutée encore en recul (-2 %). Le marché se resserre donc sur les profils capables de démontrer un impact mesurable, notamment ceux qui maîtrisent les outils d’IA sans perdre en pertinence stratégique.
- Sales. 51 990 recrutements prévus, soit 17 % du marché cadre. Les entreprises consolident leurs équipes commerciales pour accompagner la reprise. La difficulté n’est pas le volume d’offres mais l’identification de profils capables de sécuriser du chiffre.
- Finance. L’échéance de la facturation électronique au 1er septembre 2026 crée un besoin immédiat sur les profils capables de piloter la migration. La banque-assurance affiche par ailleurs la plus forte progression des services à forte valeur ajoutée (+9 %). Nous détaillons ces postes dans notre article dédié aux profils finance à recruter.
Comment KatchMe accompagne vos recrutements
Notre métier consiste à aller chercher les profils qui ne cherchent pas.
Un cadrage avant le sourcing. Nous challengeons le besoin en amont : périmètre réel du poste, séniorité nécessaire, environnement technique, fourchette alignée sur le marché. C’est ce travail qui évite les candidatures hors sujet.
Une approche directe systématique. Nous identifions et contactons les profils en poste, ceux qui n’ouvriront jamais votre annonce. C’est la seule façon d’accéder aux 40 % de cadres en mobilité latente.
Une shortlist courte. Deux à cinq candidats pertinents. Pas de volume, du ciblage.
Nous travaillons aussi bien avec des startups et scale-ups qu’avec des PME et des grands groupes. Doctolib, Voodoo, Datadog, LVMH, EDF et Sephora figurent parmi nos clients. Notre croissance est intégralement bootstrap, ce qui nous vaut une place dans le top 20 des Champions de la Croissance 2026 des Echos.
FAQ
Le marché du recrutement repart-il vraiment en 2026 ? Oui, mais prudemment. L’Apec prévoit 305 800 recrutements de cadres, en hausse de 4 %. Le baromètre du 2e trimestre montre toutefois un fléchissement des intentions, lié à la baisse de visibilité des entreprises sur leur activité.
Quels secteurs recrutent le plus à la rentrée 2026 ? Les services à forte valeur ajoutée progressent de 6 %, avec la banque-assurance en tête (+9 %), suivie de l’ingénierie-R&D (+7 %). L’industrie repart aussi (+3 %), tirée par l’aéronautique et l’automobile (+12 %). Notre panorama des secteurs qui recrutent détaille cette répartition.
Quelles fonctions sont les plus recherchées ? L’informatique arrive en tête avec 61 160 recrutements prévus, devant les études-R&D (52 000) et le commercial-marketing (51 990). Ces trois fonctions représentent plus de la moitié du marché cadre.
Pourquoi est-il difficile de recruter alors que les volumes repartent ? Parce que la difficulté est qualitative. 75 % des entreprises en difficulté évoquent un décalage entre les candidatures reçues et les profils recherchés. Et la demande se concentre sur les profils de 6 à 10 ans d’expérience, dont les intentions de recrutement progressent de 16 %.
Faut-il privilégier le CDI ou le freelance ? Cela dépend de la nature du besoin. Un chantier ponctuel ou une expertise rare se traitent bien en freelance. Un poste structurant justifie un CDI. Les deux se combinent souvent.
Faut-il recruter maintenant ou attendre 2027 ? Le vivier de candidats en mobilité latente est important : 40 % des cadres envisagent un changement dans les 12 mois. Attendre, c’est laisser ces profils à la concurrence.
Quels métiers recrutent le plus en ce moment ? Notre panorama des métiers qui recrutent en 2026 détaille les postes concernés vertical par vertical.
Comment améliorer ses recrutements dans un marché sélectif ? En cadrant précisément le besoin en amont et en allant chercher les profils passifs. Notre guide pour réussir son recrutement reprend la méthode, et notre article sur pourquoi faire appel à un cabinet de recrutement détaille les cas où l’externalisation fait la différence.
Vous préparez vos recrutements du dernier trimestre ? Contactez nos experts KatchMe pour cadrer votre besoin et sécuriser vos profils avant la fin de l’année.